Aquanauts (UR) - Spawn

Je profite que les mails sont en rade, pour poster non stop. Démarrer la journée sous la coupe saccadée de Big Youth ne suffit pas à vous faire décoller pour de bon, surtout si une bronchite carabinée vous déchire la poitrine. Par contre, ce Spawn de Underground Resistance/Aquanauts of Drexciya est un booster de journée molle. Bien que je sois toujours dans ma phase déballage de carton, peuplée surtout de rock, je plonge en ce moment dans un univers techno que j’ai globalement délaissé jusqu’à présent, pour le découvrir, via mon intérêt poussé pour la science fiction, angle afro-futur, Dantec, post-humain et compagnie.

Pour peupler les nuits insomniaques, j’ai toujours eu le chic d’une bande son cauchemardesque ou flippée accompagnée de lectures hallucinées : Poe, Maupassant (le horla), Lovecraft, Derleth ou Robert Bloch voir certains Stephen King (le Ça, le Fléau...). Je viens de me rendre compte, au hasard d’une bouquinerie, que je n’avais pas lu le Cauchemard d’Innsmouth ! Avec les aquanauts dans les oreilles, Lovecraft en main et secouée par des toux dyspnéiques, je vis la nuit et les trajets en métro comme une parenthèse, confortablement lovée dans une bulle de cauchemard solitaire époumoné. Ca peut sembler paradoxal, mais les tunnels bondés se traversent mieux avec une bande son urbaine, animal-machine. C’est le marcher au pas de la servitude volontaire, sous les néons glauque capucine... Samedi soir, un abruti m’a [encore] demandé de lui indiquer un bon plan dope, utilisant un vocabulaire de spécialiste qui m’est totalement inconnu. Comment expliquer à l’imbécile incrédule, que l’esprit, le corps en mouvement et son adrénaline, la fièvre, son malaise et un peu d’entrain suffisent à vous transporter...