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Bloch, Lamar, Bradley, Indridason, Leblanc, Banks, Brite & more

mardi 22 avril 2014

Robert Bloch


Le temps mort (The Dead Beat)

Les années passent et Robert Bloch est toujours dans le paysage de mes lectures. Ça fait plus de 25 ans que ça dure ! Avec tout d’abord, la dérive d’un pianiste raté, looser tête à claque, né sans avenir, vivant sans scrupules, la rancœur au bec. A peine sorti de prison, au lieu de reprendre tranquillement le cours de ses soirées piano-bar, Larry Fox se lance dans un énième mensonge et se fait passer auprès de quelques niaises mais généreuses familles de classe moyenne pour un jeune homme qu’il n’est certainemet pas. Ajoutez une blonde sulfureuse et une tentative de chantage, des envolées de pessimisme blochien et vous obtenez un de ces polars sixties d’une soirée, accrocheur, qui palpite ce qui faut tout en vous ouvrant une fenêtre sur des milieux sociaux, celui des clubs de jazz et des banlieues d’ennui en l’occurence. J’ai d’autres notes sur Bloch et les éditions Néo qui attendent que je les finalisent. J’y reviendrais donc en détail bientôt.

Manuscrit trouvé dans une maison abandonnée
in La Chose des ténèbres, POCKET, octobre 1989 (2-266-03324-7), Science-Fiction / Fantasy, n° 5355 et in Oeuvres - 1, Robert LAFFONT, septembre 1991 (2-221-05684-1), Bouquins

Deux titres différents pour la même histoire dans la même traduction. Facile de s’y retrouver, hein ?
Une maison isolée dans la forêt, les échos d’un culte obscur, des disparitions... Une nouvelle terrifiante, racontée du point de vue d’un enfant cloitré espérant une évasion prochaine. Le procédé est original et ajoute une dimension glaçante au récit. Fabuleux.

Marion Zimmerman Bradley


La Planète aux vents de folie

Je me plonge enfin dans l’univers de MZB, après l’avoir tant et tant croisée. En route vers la colonisation d’une planète lointaine, où une première équipe a été mandatée pour préparer la terraformation, un vaisseau de colonisation s’écrase sur une planète inconnue et hostile après avoir subit un orage gravitationnel. Comment va s’organiser la colonie ? Cette planète est-elle habitée ? L’exploration de cette nouvelle planète dont il semblerait que personne ne puisse en repartir ? Quels choix technologique ? Quels sont ces vents qui chamboulent corps et esprits ?
Un premier épisode qui donne envie de lire la suite...

Indridason

La Rivière noire
Mince ! Erlendur est en vacances. C’est Elinborg qui s’y colle. On s’ennuie un peu. Dans le genre mère de famille enquêtrice, préférons Camilla Läckberg, par exemple avec sa « Princesse des glaces » ou son « Enfant allemand ». Pas le meilleur d’Indridason qui essaye ici de se s’aventurer sans son anti-héros habituel, mais pas une horreur non plus.

La Muraille de lave
Cette enquête, parallèle à celle de la Rivière noire c’est Sigurdur Oli qui la mène. La tentative de se départir de son héros habituel, réussit mieux dans cette aventure. Sigurdur Oli est assez détestable au premier arbord : arrogant, réac, mais son portrait et l’enquête mise ici en scène, le voient évoluer positivement tout au long du roman. Entre rendre service à sa mère, débrouiller une agression entre gentes personnes à la fesse légère, remonter le fil d’une vengeance et d’une histoire sombres de loups de la finance, il n’ pas de quoi s’ennuyer dans cette histoire, le flic antipathique. Et nous nons plus.

Jake Lamar

Nous avions un rêve
Nous avions un rêve (The last integrationist) est un roman ancien (1996 traduit en français par Rivages en 2005) qui n’est tombé sous nos yeux que récemment. Bien avant l’élection d’Obama, Lamar décrivait le parcours uchronique d’un potentiel vice-président républicain, Le procureur général des États-Unis , retord, alcoolique, haineux et désabusé et revenu de toute possibilité d’une amérique multiraciale. Pourtant Melvin semble avoir tout réussit, il incarne le rêve de la bourgeoisie noire. Prési:dentiable, sévère mais juste, le contraire d’un laxiste, il manie le parler-vrai : il faut éliminer leso parasites, fussent- ils noirs ? Hutchinson ne représente pas la justice, il est son bras armé, il est la justice. Il stimule la campagne pour le rétablissement de la peine de mort par pendaison, plus économique que
les autres moyens, il ouvre des centres de rééducation pour toxicomanes... C’est le rêve même du melting pot américain qui en prend pour son grade dans cette politique fiction sombre et impitoyable. Extra.

Maurice Leblanc


L’éclat d’obus
Qui lit encore Maurice Leblanc aujourd’hui à part de vieilles souches adeptes de roman d’énigme classique comme moi ? Son évocation fait ressurgir au mieux les adaptations télé des Arsène Lupin avec Georges Descrières, au pire rien ou une lecture scolaire comme L’aiguille creuse.
Pourtant, lire Leblanc, c’est s’embarquer pour un univers captivant, varié, surprenant (813) avec un Lupin parfois en retrait, qui place ses pions comme dans le magistral et effrayant « L’île aux trente cercueils », Le Triangle d’or ou cet « éclat d’obus » où Lupin n’apparaît que furtivement.
Roman de guerre, L’éclat d’obus, publié sous forme de feuilleton en 1915, est aussi un roman patriotique (avec son lot d’allemands caricaturaux), même si, selon moi, le style et l’intrigue l’emporte sur cet aspect, bien que de nombreux critiques s’appesantissent sur la dimension cocardière de l’ouvrage.
Payot vient de le rééditer avec deux autres Gaston Leroux évoquant la première guerre mondiale (centenaire oblige) : Le château noir et les étranges noces de Rouletabille.
Comme dans d’autres Leblanc, on oscille entre le trouble gothique et l’enquête aux ramifications bien concrètes. Paul et Elisabeth Delroze, jeunes mariés arrivent dans la ville lorraine (fictive) de Corvigny, d’où est originaire sa jeune épouse. En investissant le château de sa belle-famille, délaissé depuis la mort de la mère de sa femme, il fait une découverte qui se téléscope avec son plus horrible souvenir d’enfance, celui d’une femme tuant son père. La guerre est déclarée, le destin sépare les jeunes mariés...

Et aussi :
Mankell
L’homme inquiet
Un dernier tour et Wallander s’en va. Triste et dépressif, dans un bled avec son chien. Malgré tout, les pertes de mémoire et la santé qui décline, il enquête sur des disparitions dans son entourage. Des sous-marins suédois et soviétique, de l’espionnage et du mensonge et surtout le défilé d’une vie un peu ratée à force de trop de travail...Un très bon polar, lent et mélancolique...

« Brussolo
Ce qui mordait le ciel
Contraint par son patron — il bosse pour les pompes funèbres intergalactiques — à se rendre sur Sumar pour établir un rapport sur une erreur commise il y a plus de cinquante ans, David découvre des peuples tous plus surprenants les uns que les autres dans leur façon de faire face à cette fausse catastrophe naturelle qui ruine leur évolution et conditionne leur environnement. Sur cette base, on évolue dans un univers délirant et imaginatif comme seul Brussolo sait les faire. Un court roman efficace et étonnant.

Russel Banks
Lointain souvenir de la peau
Toujours Banks. Un des plus durs, je trouve. On suit la rencontre entre un accroc au sexe en ligne de 21 ans, condamné à porter un bracelet électronique au pied pendant dix ans, pauvre, pas tout à fait fini, élevé dans la promiscuité et vivant parmi un groupe de parias déliquants sexuels et un professeur de sociologie, au parcours solitaire, tendancieux et acrobatique. Un tableau d’une société à travers la façon dont elle traite ses pires rejetons. Perturbant.

Poppy Z.Brite
Ames perdues
D’une certaine manière un des plus beaux romans sur l’adolescence. D’un trou perdu à la Nouvelle-Orleans, on suit Nothing, un adolescent très particulier, en quête de lui même. Il trouve, enfin, sa place, au sein d’une tribu errante, les Lost Souls. Leur route va croiser celle de Steve et Ghost, deux autres adolescents sans gouvernail, auteurs d’une musique envoutante et éperdue... Sexe, violence, (bi)sexualité, vampires au menu de ce roman d’horreur pas tout à fait comme les autres. Une sorte d’ôde no wave anti-puritaniste.

Elizabeth George
La ronde des mensonges

Clifford D.Simak
Chaîne autour du soleil

Relire

Dix petits nègres, Agatha Christie
La chute de la Maison Usher, E.A. Poe
Las Vegas Parano, Hunter S.Thompson
Tuons et créons, c’est l’heure, Lawrence Block

Dispensables


Staffan Westerlund, L’Institut de recherches, Folio Noir n°358
Jussi Adler-Olsen, Miséricorde, Livre de poche n°32817