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Brian Deleeuw - L’innocence

dimanche 22 mars 2015

Les livres de Super 8 me font de l’œil, à intervalle régulier. The Rook attends dans la pile au côté de Carter contre le diable, mais j’ai commencé la lecture des publications de ce petit frère de Sonatine (la maison qui a - enfin - traduit David Simon) par L’innocence de Brian Deleeuw. Sonatine et Super 8 sont des siamois : ils sont animés par la même équipe.

Luke, 6 ans, rencontre David, à la plaine de jeux et les deux garçons se lient d’amitié bien que David soit malsain, déséquilibré et ne lâche pas Luke d’une semelle, allant jusqu’à le suivre chez lui. Le livre démarre, douze ans après leur rencontre, lorsque David, débarque chez Claire, la mère dépressive de Luke, pour lui annoncer qu’il vient de tuer Luke, son fils adoré.

Petite déception par rapport à un éditeur qui sur le papier promet beaucoup avec cette lecture qui laisse une impression curieuse. Entre livre raté et idée littéraire géniale. Le livre ne tient pas tant par le dénuement de son intrigue dont on comprends assez rapidement les ressorts. Tout le monde n’a pas la grâce de Robert Bloch dans Psychose, les ficelles sont parfois de véritables poutres (la mère/la grand-mère/le roman). Parfois on doute un peu de ses conclusions, et on déduit que le sujet du livre est le processus qui va amener à confirmer ce que l’on a très vite compris. L’ensemble est glauque, tendu, un peu angoissant, parfois subtil, donc que reprocher à Deleeuw ?

Une partie centrale longuette, après un démarrage en trombe, un livre qui aurait gagné à être plus resseré, plus dense pour faire totalement mouche. Mais sur le sujet, que je ne dévoilerais donc pas, le choix de la voix est original, l’écriture fluide. Au final, ce livre est bien mieux que certains polars, primés, lus récemment.

Un auteur et une maison d’édition à suivre.