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Der Zyklus / Chantal Akerman

dimanche 11 octobre 2015

Ce podcast reprends ma chronique 09/10/2015, écrite et enregistrée pour la Police du Bon Goût.

Je ne suis pas une spécialiste de la musique électronique mais je suis vraiment conquise par le travail de Gerald Donald, sous un peu toutes les formes qui sont parvenues jusqu’à mes oreilles. Drexcya. Arpanet. Dopplereffekt. NRSB-11. Zerkalo.

Le label Clone continue les inédits, réeditions et remasterisation de l’univers Donald avec Aqualung un de ses sous label dédié à ce sujet. Sont déjà parus sur Aqualung un maxi d’inédits de Drexcya et les rééditions de Zerkalo, un autre projet de Donald sous son alias débile Heinrich Mueller.

Le plaisir coupable c’est donc la réédition de Biometric le seul album de Der Zyklus à ce jour, paru initialement en 2004.

Plus abstrait, spatial presque bruitiste ce disque peut dérouter les gens habitués aux sortes de beats quand même plus présents dans les autres projets glaciaux de Donald. Si vous avez été déroutés ou carrément dégoutés par le Linear Accelerator de Dopplereffekt vous pouvez passez votre chemin comme l’atteste ce petit extrait du morceau Hand geometry.

Tout n’est pas dans ce style, le morceau Biometric systems est presque dancefloor (enfin y’a un rythme quoi). Mais l’ensemble est donc plus dark que d’habitude, si c’est possible, et donc plus je sais pas quoi. Pour expliquer ce que je veux dire, on écoute un second extrait, Fingerprint correlation.

Sur l’album on entend une fois la voix robotique habituelle, et tout à l’heure on écoutera un des morceaux les plus classique du disque, Eigenface. Mais c’est pour tout à l’heure.

Là je vais parler d’autre chose. C’était difficile pour moi de faire une chronique sans évoquer les évènements plombants de la vie culturelle bruxelloise de la semaine.

J’évoquerais brièvement pour commencer la tragique sortie de route de Carmen Blanco Principal qui affecte le milieu du cirque et du théâtre bruxellois. Je connaissais peu la bassiste de Guys in the kitchen, mais chaque fois qu’on se croisait c’était lumineux et vif. Bye Bye, co-marraine. C’est la troisième de l’année après Alice et Christian, merci d’arrêter, je sais plus compter après.

Là dessus, bam, vlà la mère Akerman qui prend aussi le large dans la foulée, volontairement en plus. Je suis terrassée, parce que même si ça m’a pris du temps, pour comprendre ce qu’elle faisait, son travail va vraiment et profondément me manquer.

C’est sur que lors de la première projection de Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles à laquelle j’ai assisté j’ai rigolé nerveusement avec des copains, parce que je ne comprenait rien - j’avais 17 ans à peine révolus. Il y a eu un divan à New York, c’était léger et rigolo, je dois l’avouer, j’aime les comédies romantiques. Mais la passion vient plus tard. Quand je me suis pris la claque Sud, et les expositions des années 2000, et puis d’Est, et encore Sud, et puis la Captive et voir enfin Jeanne Dielman, 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles les yeux grands ouverts et vivre une épiphanie.

Après, j’ai foncé dès que je voyais son nom. Un livre Une famille à Bruxelles, hop. Et rester à l’affût des rétrospectives, pour rattraper le temps perdu. J’ai habité au bout de sa rue à Paris, Ménilmontant, mais je n’ai jamais osé sonner ou laisser un petit mot pour dire combien son travail comptait pour moi. Que c’était important qu’il y ait encore des gens pour tirer les fils qui lient la Shoah aux autres horreurs humaines.

Que Sud, il n’y a qu’elle qui ait fait un film comme ça. Ce plan qui remonte le chemin sur lequel cet homme a été trainé, ces kilomètres.

Il n’y avait qu’elle pour montrer ça et le montrer comme ça. Qu’il n’y avait qu’elle qui savait montrer comment sont les gens qui ne parlent pas, comme c’est insupportable de vivre à côté d’eux et de leur silence. Et il y a eu de l’autre côté aussi. Tu vois le lien ? J’attendais la sortie de No home movie avec impatience, tu sais, j’attends plus rien avec impatience. Et puis, il y a aussi Ma mère rit, tu l’as lu celui-là ? C’est terrible. Dans tous les sens du terme, hein comme, cette fille là, mon vieux mais aussi parce que c’est tragique. Tu te rends compte que quand même, elle n’avait que 25 ans quand le film est sorti ?

(extrait itv - Jeanne Dieleman)

Tu imagines à l’époque on en parlait sur TF1 de ce genre de films ? Et puis Delphine Seyrig et Aurore Clément et Testud, elles sont terribles quand même...

(extrait itv - Parler à l’insconscient)

Der Zyklus - Eigenface

(extrait itv - Paresse et Lexomil)