Gil Scott Heron - The subject was...

On a beau bien comprendre ou parler l’anglais, parfois les flux de voix se fondent dans un maëlstrom général de musique qui font que les paroles des chansons mettent du temps à monter au cerveau. Premier exemple. J’écoute Gil Scott Heron depuis des années, j’ai, je pense quatre albums de lui, tout ça... Le père du slam, l’auteur du Vautour, je n’ai eu de cesse de vanter ses mérites, son héritage...

L’album Small Talk At 125Th And Lenox tourne souvent les dimanches au ralenti, bref, si je ne l’ai pas écouté cent c’est mille fois, ce disque.

Et pourtant ! Pourtant, l’autre dimanche endormi, alors que je me lançais dans mon style de dithyrambe habituelle au sujet du vieux barbudo, le texte de The subject was faggots m’est enfin monté au cerveau.

Et là, je brûle le veau d’or, putain de Gil Scott heron de merde. J’ai beau retourner le texte dans tous les sens, chercher l’ironie... mais j’ai du mal à la trouver. Voilà un texte d’une violence crue [lire ICI], anti-homo de manière primaire et brutale... bien que Gil Scott Heron s’en défende. Les débats font rage chez les fans. Gros malaise. Je suis pas une fana des cris à l’homophobie à toutes les sauces, mais là... Perplexité.

Quand on écoute l’intro, qui dure une minute en plus, franchement, difficile de douter du sens du texte ni de la complaisance de l’audience. Est-ce que GSH est vraiment dans la posture qu’il a défendu par la suite ? L’histoire de ce poème : après une sortie avec un ami dans un évènement gay, il s’est dit qu’il allait faire un texte dans lequel il remplacerait le mot nègre par pd, pour titiller la réflexion de son audience. Well.