Hector Zazou - Song of the water

Je viens seulement d’apprendre le décès, en septembre 2008, du compositeur français Hector Zazou.

La découverte de son travail remonte à une période ou mes oreilles s’ouvraient aux musiques de traverse, de John Zorn à Tom Cora, de Arto Lindsay à Ikue Mori.

Producteur, compositeur, interprète, architecte des fusions « world » d’electro avec des musiques de pas de chez nous, il n’est pas toujours passé loin des écueils du genre (par exemple l’assez pénible Reivax au Bongo) mais a su quand même produire de belles rencontres musicales si on zappe les morceaux qui font penser à du Deep Forest.

C’est un peu toujours le problème avec cette question des musiques dites du monde (argh et le rock c’est pas du monde mais de la planète mars), sono mondiale, ethno-jazz et autres kyrielles de termes plus ou moins vaseux. Les rapprochements entre « folklore » (occidental ou non pour moi c’est kif) et instruments électriques, electroniques et bidouilles de studio peuvent donner le pire (Deep Forest, la musique new age) et le meilleur (Malicorne - for ever -, Dead Can Dance, le renouveau Klezmer). Quand à Gidi gidi maji maji, c’est un groupe de hiphop nigerian basta*.

Pour revenir à Zazou, son album le plus connu, « Chansons Des Mers Froides » est une dérive « ambiant » à partir de chants folkloriques et shamaniques du grand nord. Dans cet album des chanteuses Yakut,Inuit.. cotoyent des pop stars genre Bjork ou Siouxie. L’électronique est basée sur le sampling des craquements de banquise. Un album qui reste très écoutable dans le genre ambiant, qui fut au final sa spécialité.

Elisha Kilabuk, que l’on entends sur ce titre est un spécialiste du chant gutural du Nunavuk et un conteur en unikaqtuat. Il est souvent accompagné de Koomoo Noveyak.

En écoute aussi, « Havet Stormar », un autre extrait de cet album, chanté par une suédoise, Lena Willemark.

* fallait que je le place.