Karuna Khyal

J’ai déjà abordé le travail de l’obscur et décrié label de rééditions Phoenix records [1], dans ma précédente chronique sur les Rallize Denude.

Au magasin qui me sert de collègue de repas de midi, où je trouve toujours de quoi me consoler de la solitude du salarié frustré au moment de la pause tartine, je suis également tombée sur un autre ovni japonais, dans une réédition plus que bâclée [2] : Karuna Khyal.

Je ne vais pas pouvoir gloser sur les membres du groupe ou sur le mouvement social et artistique dans lequel s’inscrit ce disque expérience.
Quant à trouver une référence au label original, impossible, car si j’ai en main une version de phoenix records, il semblerait que le réédite qui veut, puisque j’ai trouvé au moins quatre références de maisons de disques différentes concernant cet album !

Disque-expérience, car difficile de prédire dès les premières notes où l’on va aller. Hypnose, transe électrique, on est quelque part entre le rock psyché et de l’avant-rock improvisé, un bordel envoutant, fait de basse répétitive, de cris et de chants mantras aboyés, de l’harmonica et des flutes, le tout sans batterie. Il semblerait qu’ils aient enregistré un autre disque sous le nom de Brast burn, mais est-ce vraiment eux ?

La face B d’Alomoni 1985, le titre de l’album, sortit en 1976 serait à tester comme bande son d’un film-collage avec Lon Chaney : sur le noir et blanc saccadé, on verrait l’homme aux milles visages se transformer, d’un rôle à l’autre. Certains passages me font penser à l’Art Ensemble of Chicago, à Can ou à du Stan Brakhage sonore avec quelques passages horifiques. D’autres fois la musique est presque mélodique, chantée par une sorte de Blixa Bargeld avant l’heure, entre le hurleur et le crooner.

[2J’ai la version sans la réplique de l’inley original.