Lee Ving / Fear

J’ai réécouté à l’occasion d’un des jeux dominicaux que j’aime bien - ici écouter que des disques commençant par un F - les deux albums du groupe punk de Los Angeles, Fear, The record et More Beer. J’avais oublié le sexisme, la misanthropie et l’homophobie constants des paroles du groupe. Car, j’ai, je crois, toujours plus ou moins compris les paroles, ou au moins à demi mot.

J’ai beaucoup laissé passer de groupes anglophones en me raccrochant à l’idée que je ne comprenais pas vraiment tout ce qui se racontait. Ici, d’abord à cause de la musique, du punk californien encore totalement écoutable, c’est à dire datant d’avant 1986 ! A part quelques moments pénibles (The mouth don’t stop - the trouble with women is), je garde un bon souvenir d’heures à écouter ce groupe. On va dire, pour faire passer, que c’est presque rien comparé à Ice Cube...

L’autre raison d’aimer Fear, c’est la voix de Lee Ving, même si il faut reconnaître que ce type est un crétin historique de première de la catégorie grande gueule. Il n’y a que deux barytons notables, voix grave suave à la Elvis, avec large tessiture, à l’époque, dans la scène punk. Deux opposés, puisque l’autre c’est Gary Floyd, de The Dicks, Sister Double Happiness, soit l’anti-thèse absolue de Fear et de Lee Ving, puisque aussi marxiste, texan et ouvertement gay as the day is long que VIng est nihiliste, conservateur et basheur tout azymuths.

Les deux chanteurs ont d’autres points communs, notamment une influence blues/hilbilly, qui s’exprimera pour Lee Ving surtout dans l’utilisation de l’harmonica dans ses différents projets musicaux, au sein du Sweet Stavin Chain Blues Band) - ou sur des enregistrements de chants de Noël qu’il accompagne aussi à la guitare acoustique.

Les héros du punk étant ce qu’ils sont, Lee Ving, entre autres curiosités, chantera The impossible dream a capela dans un épisode de ... Fame, des chansons à boire dans un groupe de country, Rage War et sur un disque boogie metal MD45, avec l’autre fameux cabot, Dave Mustain.

Pour poursuivre bien mal, en 2012, il réenregistra, avant de se lancer dans une tournée mondiale, l’album The record, sous le titre The Fear Record. Le résultat est aussi affreux que du Nofx, c’est à dire une production punk mélodique aux relents metal, avec la voix de Lee Ving passée à la toile émeri, mais des paroles remises au goût du jour avec un (peu) moins de sexisme et plus de trace d’ homophobie. La machine à cash est en route, puisque les derniers concerts de Fear datent de novembre 2019 ... pour thanksgiving

https://fearleeving.com/