Leoš Janáček - Messe glagolitique : Varhany Solo

C’est en entrant dans la cathédrale de Metz que j’ai été submergée par une musique dont l’intérêt ne risque d’être que difficilement rendu par le .mp3 rudement compressé par la machine podomatic. J’étais tellement saisie que j’ai interrompu la répétition de l’organiste amusé. C’est quoi ce que vous jouez : c’est Janáček (que j’ai évidemment écrit yanatcheque dans les brouillons de mon téléphone portable). Vas-y pour retrouver le morceau avec ça. Ahaha.

Des compositeurs tchèques de musique moderne (c’est à dire la musique savante composée début 20e) je ne connais guère que Dvořák (prononcez Dvorjak) - c’est déjà pas mal vous allez me dire.

Je ne suis pas une fan absolue des musiques savantes occidentales mais il y a quand même quelques compositeurs et périodes qui me parlent des romantiques de la moitié du 19e aux contemporains. C’est assez marqué dans le temps et j’en ai longtemps fait un étendard pour faire chier le monde : pas de musique avant Beethoven. Avant rien niente nada. Qu’est-ce qu’on se marre.

Bref. Janáček est donc un moderne, nourrit de nationalisme et de folklore comme on savait si bien le faire à cette époque. Je parlais en évoquant Hector Zazou des fusions avec les musiques folkloriques/traditionnelles : quand on s’interesse un peu à la musique on se rend vite compte que cette « fusion » n’est pas une nouveauté, ce fut même une spécialité de l’époque moderne : Debussy et ses gamelan javano-balinais, Grieg et ses paysans, Ravel et sa fascination Tzigane et Arabo-andalouse etc...

Janáček écrit cette messe avec une liturgie dite en slavon glagolitique, du slave ancien datant du temps de l’évangélisation des Balkans par St Cyrille — langue dont découlera ensuite l’alphabet cyrillique. C’est forcément un peu tapé du bulbe rachidien, mais dans la cathédrale, ce solo d’orgue c’est fantastique : les basses sont énormes, le son envahit l’espace dans les fumées d’encens.

Ici dans une version du Deutsche Gramophon, dirigée par Kubelik, avec Bedřich Janáček, à l’orgue. Forcément réduit à néant par le mp3, mais fabuleux sur le fond, même sur hi-fi de salon. L’ensemble de la messe est bizarre- selon mes critères, on dirait tous sauf une messe - mais j’ai pas beaucoup de références. On passe par différents registres : orchestral, vocal, brutal mais avec des nuances et ça fini sur une sorte de truc à la Prokofiev, agité, cassé, avec des cuivres : « Intrada » !

C’est suivi par « Le journal d’un disparu », que je n’ai pas encore écouté, car en fait J’ai mis repeat sur l’orgue solo ! (Sacrilèche). Et orgue en tchèque ça se dit Varhany !

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