Manu Dibango - Africadelic

Ca fait un moment que je pense à faire circuler ce morceau, découvert comme Oneness of Juju que très récemment, bien que je connaisse Manu Dibango depuis l’adolescence, grâce à une cassette oubliée chez mes parents, lors d’une visite, par un cousin de ma mère.

La cassette frelatée en provenance de Sarcelles ou d’une des autres banlieues noires parisiennes ne fait partie d’aucun titre de la discographie officielle, mais reprend ses différents succès des années 70 et début des années 80. A y regarder les chiffres du succès du tube interstellaire de Manu Dibango Soul Makossa, donnent le vertige : la liste des salles et stades combles aux Etats-Unis ou le single cartonne est époustouflante !

C’est à Bruxelles que le saxophoniste camerounais lie sa destinée musicale et personnelle au Congo-Zaïre ou il rejoindra le groupe phare des années 60 l’African Jazz, puis l’African Team de Joseph « grand kallé » Kabasélé, l’auteur malheureux de Indépendance Chacha, le tube de l’indépendance congolaise (j’y reviendrais une autre fois). Dibango sera du concert géant qui a accompagné le match ALI-FOREMAN à Kinshasa et de tous les bons coups musicaux en France et ailleurs.

Journaliste musical, engagé politiquement, il est pour moi un représentant de ce que les circulations culturelles autour de l’atlantique noir on produit de mieux : un type fier mais sans nationalisme ni essentialisme. Une de ses sorties sur les revendications identitaires (lepenisme, ivoirité...) est restée approximativement gravée dans ma tête : « Aujourd’hui tout le monde, bantou, breton, veut sa peau de bête... plus les puces... »

L’album Africadelic a été réalisé en une semaine, bien avant soul makossa avec l’idée de fournir aux télés françaises en mal de références africaines de quoi illustrer leurs reportages... Ces enregistrements ne seront gravés sur disque qu’après le carton de mamamamamamakosssa !