Mudhoney - You got it (Keep it outta my face)

Groumpf. Je fouilles dans les boites et dégage les vieilleries les une après les autres : mogwai - come on die young non : le post-rock n’est pas assez franc. Sonic Youth - Goo : non non trop pensé, trop de retenue. Les Pixies, n’importe quoi, pas là, trop pop, trop léger. J’ai vu que le Tigre sortait bientôt de sa retraite — Feminist Sweepstakes : non,non, trop cheap, trop electro, trop fille. The Ex ? Pj Harvey ? New Model Army ? Nirvana ? Cat Power ? Kortatu ? Karate ? Cartons de merde. Non, rien ne passe, rien ne va...

Jusqu’à l’éclair de lumière : Mudhoney et... oui TAD (voir billet suivant). Et là, joie, bonheur. Expiation, sueur, rigolade sans lendemain, oubli, anti-douleur. Toujours actifs - ils ont sorti un album en 2008 et tournent de temps à autre, Mudhoney sont des rescapés garage rock.

Mudhoney c’est la quintessence de la fin des années 80. Ce sont tes voisins en groupe de rock, des types sympas qui boivent des bières dans la ruelle, le parc, sous le porche ou l’arrêt de bus du village (là ou les jeunes trainent leur ennui). Pas de prétention, mais la durée. Héros de la lutte contre l’ennui, Mudhoney, vingt ans plus tard et du bide en plus, c’est toujours la même recette, pourquoi changer, garage ! « You got it » en tout cas, l’un de leur hit incontournable permet un jouissif : « Keep it outta my face » depuis mon basement glacial, et c’est tout ce qu’on lui demande. L’album Superfuzz Bigmuff (du nom des pédales d’effet) se bat en tête pour les titres d’albums les plus super à côté du Ultramega ok ! de Soungarden. Quand Nirvana n’était encore qu’un outsider montant ils étaient déjà là le trio gagnant : Mudhoney, Tad et les Melvins. Et longtemps après la vague "grunge, la déferlante Starbucks, les majors, Mudhoney et les Melvins sont toujours là. Yeah !