Telephone - Electric cité

Voilà le genre de choses qu’on ne peut que faire lors d’une insomnie. Réécouter la discographie du presque pire groupe de rock français mais que quand même on a beaucoup aimé. Au final, seul « Au coeur de la nuit », avec sa noirceur abyssale me semble encore à peu près écoutable, quelques morceaux du premier, et quelques titres épars. Repenser à l’insupportable de miel « Jour s’est levé » me fout le cafard. Oui, l’adolescence est une période ingrate. Franchement : « J’en ai ma claque, t’es mon étoile (à matelas) ». Quand à leurs tubes, je frise l’overdose de « Ca c’est vraiment toi » à « Argent trop cher ». Même « New York avec toi » qui a alimenté mes désirs de fugues américaines, sur fond de nanar francaoui signé Michel Blanc, c’est plus possible. « J’ai du mal à parler parce que j’ai les dents qui poussent. » A l’époque, outre atlantique, sévissait Black Flag ou Minor Threat...

L’album « Au coeur de la nuit » est rongé par l’amertume de l’héroïne injectée. « Fleur de ma ville », initialement intitulé « Sweet Héroïne », ne laisse même pas flotter de doute : « Non pas de veine pour celui qui l’aime ».

Dans sa bio Lemmy Kimilster, grand avaleur de drogues évoque la répugnance salvatrice que lui a inspiré d’entrée la diamorphine blanche. Même l’intro du Festin Nu, souvent mal interprétée par les analphabètes du genre Kurt Cobain, est très claire sur le sujet. Je n’ai absolument jamais compris comment autant de gens ont pu se laisser prendre par ce produit, dont les effets néfastes sont connus depuis les années 1920...

Bien que les références à cette drogue en vogue dans les années 70/80 soient légions dans la pop musique, il me faut parfois longtemps pour piger. Par exemple, le morceau « Chasse le dragon », des mythiques pionners du metal bouclé et moule bite à la française, Sortilège, ne parle pas d’autre chose derrière son aspect heroic-fantasy... « Je me sens prêt à présent à dompter cet animal qui m’empêche depuis bien longtemps de vivre libre et de construire mon idéal. » Qu’on m’arrête si j’interprète trop massivement. Bon, je devrais pas lire de biographies de rock stars, ça me fait dériver...

Finalement, après la drive, j’opte pour un funk-rock très 80’s, extrait du dernier album de ce qui fut quand même le groupe phare français... Bien sur Carte de Séjour battait tout le monde, mais j’y reviendrais un de ces quatre